04 mars 2018

La confrontation imminente avec les Quraysh




Pendant près d’une année, le Prophète Muhammad (PSL) avait établi des pactes avec quelques tribus habitant le long du littoral de la Mer Rouge, sur la route qu’empruntaient les caravanes de la Mecque se rendant dans le Nord (Iraq ou Syrie). Ce qui gênait les Quraysh qui devaient cherchaient de nouvelles voies d’accès par l’Est. La tension ne cessait de monter. Le prétexte de l’attaque effectuée durant le mois sacré était un prétexte pour salir la réputation des émigrés et de mobiliser contre eux les tribus alentour. La confrontation paraissait imminente.

L’Islam naissant ne pouvait survivre et se développer que par la guerre. Il avait besoin de celle-ci pour étendre sa domination là où la persuasion n’avait pas donné de résultats escomptés. L’Islam avait également de biens nécessaires à l’édification de sa propre société chaque jour plus exigeante et plus complexe.

De son côté, la Mecque avait aussi besoin de la guerre. Il lui fallait à tout prix éliminer le Prophète Muhammad (PSL)  et les siens, de crainte que l’importance grandissante de Médine ne portât un coup fatal à son commerce. Le Prophète Muhammad (PSL) connaissait assez bien ses anciens concitoyens pour savoir qu’ils l’attaqueraient à la première occasion. Il le savait et il se préparait à la confrontation s’apprêtant à déclencher l’une de ces opérations qu’on qualifierait de «préventive ».

Pendant cette période, le Prophète allait recevoir coup sur coup deux Révélations de nature totalement différente mais dont les conséquences devaient, dans les deux cas, marquer une rupture

Durant plus treize ans, les musulmans avaient été invités à la patience et à la résistance passive face à la persécution et la terreur des Quraysh. Ils avaient enduré, souffert et persévéré. Puis ils avaient émigré sans répondre aux agressions et en évitant la confrontation.

A présent que les musulmans étaient installés à Médine, il était évident que les Quraysh allaient intensifier leur opposition et se donner d’autres moyens de mettre fin à la mission du Prophète (PSL). Médine et la nouvelle cité Islamique menaçaient non plus  les équilibres internes de la cité de la Mecque mais aussi l’ordre protocolaire sur l’ensemble du territoire de la péninsule. C’était le statut des Quraysh vis-à-vis de tous les autres clans et tribus  qui étaient en péril. La période qui s’ouvrait allait être marqué par des conflits et des confrontations.


« L’autorisation de combattre [de se défendre] est donnée aux victimes d’une agression, qui ont été injustement opprimées et Dieu a tout pouvoir pour les secourirr, ceux qui ont été chassés de leurs foyers uniquement pour avoir dit : « Notre Seigneur est Dieu ! » (Sourate 22 verset 39-4)


Entendant ce verset, Abû Bakr affirmera plus tard qu’il avait compris, comme d’ailleurs le Prophète (PSL) et les compagnons, qu’il s’agissait de l’annonce de conflits et de guerres imminents. Dorénavant, il convenait non plus de résister passivement, mais de se défendre face aux agressions.

Les Jihâd de la spiritualité et de l’intelligence avaient consisté soit à résister aux attractions du moi égocentriques, avides ou violent, soit à répondre au moyen du Coran aux arguments des contradicteurs païens.  S’y ajoutait désormais une autre forme possible de Jihâd al-qitâl, en cas d’agression armée : la nécessaire résistance par les armes, la légitime défense, face à l’oppresseur.

Sur le plan du Qîtal, de la lutte armée, il s’agit aussi de résistance. Il est présenté à la fin du verset, comme une nécessité de la vie des hommes afin de résister aux naturelles velléités  expansionnistes et oppressives des êtres humains :


« Si Dieu ne repoussait pas certains peuples (oppresseurs) par d’autres, des ermitages auraient été démolis, ainsi que des synagogues, des oratoires et des mosquées où le nom de Dieu est souvent invoqué. Dieu assistera assurément ceux qui aident au triomphe de sa cause. Dieu est certes fort et puissant. »  (Sourate 22 verset 40)



« Si Dieu ne repoussait pas certains peuples (oppresseurs) par d’autres, la terre aurait été entièrement corrompue. »  (Sourate 2 verset 30)


« Vas-tu établir sur la terre qui[l’Homme] y fera régner le mal et y répandre le sang… » Sourate 2 verset 30)


Le Coran rappelle ainsi que par sa nature, l’homme est avide de pouvoir et enclin à répandre le mal et à tuer. Le Jihâd comme le qitâl sont-ils les voies qui, par la résistance aux tentations sombres de l’intimité comme aux velléités  guerrières des êtres humains, permettent d’accéder à la paix, fruit d’un effort toujours renouvelé pour maîtriser ses tentations comme ses oppresseurs.

L’essence du jihâd est la quête de la paix, le qitâl est le chemin parfois obligé de la paix.

Une ère nouvelle s’ouvrait pour les membres de la communauté musulmane de Médine. Des lendemains de guerres avec leurs lots de morts et de souffrances intensifiées par le fait que les ennemis étaient originellement de leurs clans, leurs propres parents. Leur survie était à ce prix.

Yathrib 786
Le 04 mars 2018
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