20 mai 2017

L’Initiation Suprême



Le Prophète Muhammad (PSL) était le « fondé de pouvoirs » de Khadîdja. Les activités commerciales du Prophète (PSL) ainsi que ses voyages le mettaient en contact avec beaucoup de monde dont des juifs, des chrétiens, des zoroastriens, des savants de tout horizon,  de toute condition. Il échangeait avec eux sur les idées et les opinions. Il écoutait des récits relatifs aux prophètes et de leur tradition. Il restait très attentif aux polémiques et aux déchirures de sa société. Si jeune, le Prophète Muhammad (PSL) connaissait l’existence de la Tawrât (la Thora du Pentateuque)  et celle de l’Indjîl (l’Evangile). A-t-il entendu prêcher au souk d’Oukaz le religieux chrétien Qoss b. Sa’ida dont l’éloquence était connue et qui fascinait son auditoire?


Une intelligence particulière lui avait permis de respecter la fierté de chaque clan. Cet esprit l’aidera plus tard à consolider l’unité de la première communauté. En quête de paix, il n’aura de cesse de réaliser cet équilibre entre respect et  justice. C’est ce qu’il fît lors de cette situation difficile entre les clans de Quraysh au sujet de la pause de la Pierre Noire lors de la reconstruction de la Ka’ba. Il avait appris à son cœur à ne pas se laisser aller aux émotions fières et aux logiques arrogante : 

enseigner à l’esprit les solutions qui apaisent les cœurs et permettent de se maîtriser avec douceur et sagesse.



Des années avant la Révélation, l’Educateur de l’Envoyé de Dieu (PSL) lui avait octroyé cette qualité singulière qui allie profondeur du cœur et pénétration de l’Esprit.


Le prophète Muhammad (PSL) avait trente-cinq ans. Il s’était forgé une telle réputation que beaucoup  parmi les Banû Hashîm imaginaient qu’il reprendrait bientôt le flambeau de ses pères et rétablirait la grandeur du clan en en prenant la tête.


Il commençait à recevoir déjà des demandes en  mariage à l’instar de celle qu’il reçut de son oncle Abû Lâhab, désireux de marier ses deux fils ‘Utbah et ‘Utayba, à Ruqaya et Um Kulthum.


Celui-ci était déjà trop loin de ces préoccupations. Il ne manifestait guère d’intérêt pour la chose publique. C’est à cette époque qu’il commença à pratiquer des retraites comme le faisaient déjà les hanîfs ou hunâfa’  (sabéens) et les chrétiens de la Mecque. Il se retirait dans la grotte de Hira’, une âpre colline loin des affreuses idoles de la Mecque. Quand venait le mois de Ramadan, il se retirait avec quelques vivres. Pour parvenir à cette grotte, il devait grimper le long d’une petite montagne et passer de l’autre côté d’un petit mont en suivant un sentier étroit qui menait à l’entrée d’une grotte totalement isolée. Il était difficile de s’y tenir à deux. Depuis le seuil de la porte de la caverne, il était possible de voir la ka’ba en contrebas et plus loin, la plaine aride du désert s’étendant à perte de vue.


Loin des hommes, face à la nature,  le Prophète Muhammad (PSL) méditait, se posait des questions en recherchant la paix et le sens.  Il n’avait jamais participé aux cultes des idoles. Il n’avait jamais partagé les croyances et les rites des tribus de la région.  Il était resté à l’écart des superstitions et des préjugés.  Il avait été protégé des faux dieux, des faux semblants, des statuettes que l’on vénère, des pouvoirs et des richesses que l’on adore, de l’idolâtrie et de la magie.
      

Depuis quelque temps, il avait fait part à son épouse Khadîdja de certains rêves qui s’avéraient être véridiques et qui le troublait.  Il s’agissait bien d’une quête de vérité. Insatisfait des réponses de son entourage, mû par l’intime conviction qu’il devait cherchait au-delà. Il décida de s’isoler dans la contemplation.


Il approchait des quarante ans et désirait vivre une introspection profonde. Seul dans la grotte,  il méditait sur le sens de son existence, de sa présence et des signes qui l’avaient accompagné depuis sa naissance


Il cherchait. Cette quête  spirituelle le menait naturellement ce que vers quoi les signes l’en appelaient. Les signes qui protègent et apaisent, les tensions intérieures, les visions rêvées et néanmoins véridiques, les questions posées  par l’existence et le cœur marié aux horizons offerts par la nature. Tout cela menait insensiblement le Prophète Muhammad (PSL) vers l’initiation suprême. Il va à la rencontre de son Educateur, avec le Dieu Unique.


A quarante ans, le premier cycle de sa vie venait de s’achever.  Durant le mois béni du Ramadan de l’an 610, en s’approchant de la caverne, il entendît une première voix l’apostropher et le saluer :


« As_salamu ‘alayka, ya rasûl Allah ! »

Que la Paix soit sur toi, Ô Envoyé de Dieu ! » Ibn Hishâm, op. cit., vol. 2, P. 66 – 67



Yathrib 786

20 mai 2017

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